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Articles avec #inestardust catégorie

Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Au cas où certains en doutaient, nous allons essayer de définir pourquoi les Beatles c’est cool.

Et pour ça, nous allons écouter Abbey Road ! C’est le onzième album des Beatles, sorti en 1969. Un album dont la pochette est devenue sûrement plus culte que les morceaux, mais ce n’est pas grave. Pour rappel, les Beatles se sont formés en 1960 et séparés officiellement en 1970 (quelques mois après la sortie de l’album dont il est question ici). Ils ont sorti, pendant ces dix années magiques, douze albums. Chez ces quatre garçons, il n’y a pas vraiment de leader, tout est partagé et cela se ressent. Dans chaque titre, on sent une cohésion et la présence forte de chacun des membres.

En ce qui concerne exclusivement Abbey Road, c’est un album différent d’une image stéréotypée que l’on pourrait se faire du groupe. On y trouve de nombreuses influences hippies, folks et psyché ; donc beaucoup de choses géniales. Dans l’ensemble, on trouve des morceaux très paroliers, où les voix fournissent l’essentiel de la beauté, contrastant avec d’autres morceaux plus instrumentaux. Les paroles sont composées par John Lennon et Paul McCartney, leurs interprétations sont attribuées alternativement à John, Paul ou George Harrison.

L’album commence par le classique Come together et son rythme frénétique puis mélodieux ; une formidable introduction de 4 minutes, comme un lever de soleil. Ce morceau nous emporte grâce au son du piano électrique et des discrètes maracas de Ringo. Par la suite, l’œuvre est marquée par un esprit romantique, notamment dans Something, chantée par George Harrison. C’est une poésie courte et apaisante. Le même thème est exprimé avec plus de puissance par la voix de Paul Mc Cartney dans Oh ! Darling.

Puis il y a toutes ces perles psychédéliques et leurs longues mesures de guitares absolument jubilatoires. On peut retenir particulièrement Because, morceau exclusivement choral au son riche en effets subtiles.

Le point culminant de l’album, ce qu’il propose de plus intéressant, commence au 9ème morceau : You never give me your money. Tout d’abord c’est un morceau génial qui lie un thème existentiel à des mélodies variées comme si plusieurs morceaux s’entremêlaient. Le premier temps est lent et acoustique, puis l’intensité des guitares augmente avec la tonalité de la voix de Paul remplacé par celle de George, plus grave. Et surtout, ce morceau est le premier d’un medley de 16 minutes comprenant 8 morceaux  aux mélodies extrêmement agréables. La suite est prise par Sun King, morceau rendu original par sa mélodie très plate et ses paroles en espagnol. Dans cet enchaînement, on trouve aussi le magnifique Carry that weight, encore une petite chorale partagée par les voix des quatre membres. L’album se conclut par Her Majesty, qui arrive là comme un bonus. Une chanson très simple, comme un gospel blues des années 20. C’est doux et atypique.

Finalement, l’album est une belle représentation de ce dont était capable ce groupe mythique. C’est une liaison parfaite entre romantisme et psychédélisme. La performance partagée entre John, Paul, Ringo et George est majestueuse. Chaque voix, chaque instrument et chaque personnalité semble primordiale. Donc les Beatles, c’est cool, c’est fort en émotion et en innovation. Et pour un groupe au bord de la rupture, c’est même un peu joyeux.

 

The Beatles - Abbey Road (1969)

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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Bonjour à tous, c’est Inès ! Tout d’abord, je voudrais présenter mes excuses pour ma longue disparition. Comme Michel, j’ai un peu de mal à trouver du temps pour parler de musique ici en ce moment. Et pourtant, on a toujours énormément d’albums à écouter et partager. Pour continuer à être active régulièrement, j’essaierai de faire des articles plus courts que les sept précédents pour vous rappeler qu’il ne faut pas oublier les classiques.

Aujourd’hui j’ai un peu de temps et très envie d’exposer ici un éloge d’Iggy Pop. Alors j’ai choisi son deuxième album, que j’adore écouter en boucle : Lust For Life. Après The Idiot, c’est la deuxième collaboration d’Iggy avec David Bowie, qui est présent au piano et dans les chœurs, et a participé également à l’écriture morceaux. La rencontre de ces deux génies produit un ensemble éclectique vraiment très bon et surprenant de morceaux en morceaux.

Tout commence par une introduction instrumentale énergique et un texte de joyeuse décadence. « He’s gonna do another striptease » et c’est parti.

Dès le commencement, l’album est une bouffée d’air frais, quelque chose de magique. Après un premier morceau purement joyeux et contagieux ; une atmosphère plus angoissante s’installe avec Sixteen. Ce second morceau au rythme psychédélique rappelle le passé d’Iggy Pop avec les Stooges. On parle d’un amour malsain, anormal. Iggy hurle que ce n’est pas normal, c’est beau. Puis on retourne à de la pop douce. Tout l’album est une source extraordinaire de bonne humeur, et en même temps un spectacle émouvant. On suit les morceaux comme les étapes d’un bad-trip entre joie pure et angoisses. On y trouve l’amour, les peurs,  le sexe, la drogue, la soul, la pop et même Jésus Christ en personne sur Turn Blue. Une atmosphère de désespoir contraste avec une festivité insouciante, mais tout reste logique. C’est vraiment très beau, très fort et notamment le mariage des voix d’Iggy et Bowie sur les chœurs. Cet album est vraiment partagé, c’est ce qui en fait un monument.

J’essaierai de revenir bientôt pour parler avec vous de ceux qui feront la fin de l’année 2016 : Léonard Cohen (sortie de You want it darker prévue le 21 octobre) et les Rolling Stones (sortie de Blue and Lonesome prévue le 2 décembre). En attendant, j’espère que vous (ré)écouterez Iggy !

Iggy Pop - Lust for Life (1977)

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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Je ne sais pas si cet article sera une chronique ou une lettre d'amour. Six mois après le décès de David Robert Jones, dit David Bowie, j'ai envie de vous parler de l'une de ses créations les plus importantes : The rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars. C'est son cinquième album, sorti en 1972.

Il est difficile de dire si c'est ou non son meilleur album. L'œuvre de Bowie est tellement vaste que comparer ses albums revient parfois à comparer plusieurs artistes, plusieurs univers. En 25 ans de carrière et à travers 28 albums, David Bowie a tout exploré. Il a tout appris et tout réinventé. Ses inventions vont au-delà de la musique, ce sont des images, des personnages créés, une philosophie transmise. Lorsqu'il nous a quittés le 10 janvier 2016, les hommages étaient nombreux à le désigner comme celui qui avait aidé à comprendre que l'on pouvait être qui on veut, ce que l'on veut. Il a été cent personnes, et en a aidé des millions.

S'il n'est peut-être pas son meilleur album, Ziggy Stardust est celui qui fit de Bowie la légende qu'il est et doit continuer d'être, pour le bien de tous ceux qui se sentiront seul un jour. C'est en quelque sorte l'album où Bowie surpasse ses influences et en devient lui-même un maître, et même une divinité.

C'est un album conceptuel de 45 minutes pour 11 morceaux. Le titre raconte déjà une histoire "L’ascension et la chute de Ziggy Stardust et des araignées de Mars". Tout est annoncé, on sait que Ziggy va mourir et emporter son groupe avec lui. Les Spiders from Mars sont Mick Ronson (guitariste mythique), Trevor Bolder (bassiste) et Woody Woodmansey (batteur). Ils accompagnent Ziggy dans son voyage interplanétaire censé durer cinq ans si l'on en croit le premier morceau : Five years. C'est un morceau qui raconte le début de la fin du monde dans une poésie extraordinaire. Puisqu'il y a un message dans chaque chanson de Bowie, celle-ci semble expliquer que quand rien ne va, quand tout s'écroule, il reste l'amour. L'amour ici a un sens large car il est question de solidarité avec tous les gens "I never thought I'd need so many people". Le personnage croyant s’en sortir seul réalise l’importance des êtres qui l’entourent. Il a besoin du bonheur des autres puisqu’il se rassure après avoir appris la fin du monde, en rencontrant une personne qui ne connaît pas la nouvelle, qui "sourit, siffle, a l'air heureuse, ne sait pas qu'elle était dans cette chanson". C'est une première entrée dans le joyeux chaos de Ziggy Stardust. Cette philosophie de l'amour et de l'appartenance au monde se retrouve dans Lady Stardust, plus centré sur l'individu, sa singularité et le bonheur possible dans la singularité. Lady Stardust n'est pas une femme, ce n'est pas un homme non-plus. Lady Stardust est regardé(e) bizarrement, mais aimé(e) aussi. Surtout Lady Stardust est heureux(se) car Lady Stardust chante. Par ce morceau, comme à travers tout le personnage de Ziggy Stardust, Bowie est un libérateur. Il revendique le droit de se créer soi-même, de s'aimer tel qu'on est au fond de soi.

Quand il n’est pas un message d’amour et d’espoir, l’album est le récit d’une épopée et la description d’un personnage venu d’ailleurs. Il est décrit précisément dans Starman et Ziggy Stardust. Ces deux morceaux décrivent un extraterrestre androgyne, un sauveur discret, magnifique et érotique. C’est une âme extraordinaire qui s’immisce dans le cœur des gens et les rassure.

Ces paroles et leur sens profond ne feraient pas autant de bien sans les mélodies transcendantes des onze morceaux. Du début à la fin, la batterie et la guitare lient finement les paroles, c'est très propre, bien construit et émouvant. Mais surtout, le saxophone joué par Bowie lui-même rend certains morceaux exceptionnels, notamment Soul Love. L’album est une expérience surnaturelle entre mélancolie, force et puissance. On les trouve dans Moonage Daydream et son introduction déjantée. C'est un morceau totalement punk, qui contient et transmet la même énergie que Hang on to yourself et Suffragette City. Les instrumentalisations sont toujours progressives, d’abord simples puis complexes à mesure que les instruments ajoutent leurs sonorités.

Le dernier morceau, Rock’n’roll Suicide, synthétise tout ce concept. C’est sur ce morceau que Bowie « tua » Ziggy le 3 juillet 1973, au Hammersmith Odeon de Londres. C’est donc la fin de la fiction, une dernière performance artistique et un dernier message d’espoir. Le morceau commence par 13 secondes de guitare acoustique, puis Bowie pose sa voix douce comme un murmure ; la basse s’ajoute à 50 secondes tandis que sa voix devient plus puissante, le saxophone arrive, tous les instruments sont mobilisés, et au premier refrain, à 1 minute 40, tout éclate. La voix magnifique de Bowie monte dans des tons aigus et dit ce que chacun a besoin d’entendre, tout le temps : « No, love, you’re not alone. You’re watching yourself but you’re too unfair. » Un refrain d’une simplicité poignante, un soulagement transmis pendant 2 minutes 54. C’est sûrement le plus beau morceau de l’album, selon les sensibilités. Rock’n’roll Suicide est tout le romantisme de Bowie : les paroles d’espoir, la foi en une énergie collective, une mélodie progressive, et une voix toujours magnifique et pleine de confiance.

On comprend encore mieux tout ça en regardant le film-concert Ziggy Stardust and the Spiders from Mars. C’est un documentaire de 90 minutes pénétrant les coulisses, la scène et le public lors du live de Bowie à Londres le 3 juillet 1973. Il y chante notamment My death, une reprise de la chanson La mort de Jacques Brel.

Pour comprendre les fans de David Bowie, il faut connaître Ziggy Stardust mais aussi de nombreux autres, et je vous en parlerai.

David Bowie - The rise and fall of Ziggy Stardust (1972)

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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Aujourd’hui, nous allons écouter The Police, groupe primordial des années 80, formé en 1977 et séparé en 1984 (faisons abstraction des quelques reformations peu fructueuses). Dans l’idée de réconcilier certaines personnes avec ce trio et avec la new wave en général, j’ai voulu vérifier ma capacité à prouver qu’Outlandos d’Amour est un album génial. Et en l’écoutant bien attentivement, je me suis rendu compte que c’était un petit peu compliqué.

L’album n’est pas le meilleur du groupe (en réalité, toute hiérarchisation est subjective), mais c’est le premier et c’est important.

Outlandos d’Amour est marqué par deux spécificités : une instrumentalisation expérimentale et transcendante, et par ailleurs des paroles peu travaillées et très simples. Cette qualité et ce défaut sont constants, l’un atténuant l’autre dans la plupart des morceaux.

Tout au long de l’album, la batterie de Stewart Copeland mène des rythmes addictifs et puissants. Les inspirations pop sont sensibles dès le premier morceau : Next to you. Dans la suite de l’album, d’autres genres se rencontrent, créant quelque chose d’inédit. On ressent dans le classique Can’t stand losing you une influence reggae, puis du rock pur suivi de sonorités ambient.

Malgré cette construction musicale variée, une certaine uniformité est créée par les paroles. Elles concernent des thèmes assez profonds tels que l’amour, la folie et la solitude. C’est très joli, mais l’écriture est si peu développée que l’intérêt de l’album est limité. Les thèmes sont exprimés dans des textes abstraits et les refrains répétitifs (trop répétitifs) monopolisent les morceaux, qui s’enchaînent dans leur répétitivité lassante.

Il faut tout de même noter que des exceptions relèvent le niveau des paroles de l’album et l’accorde à la qualité instrumentale. Parmi ces exceptions : Roxanne, le chef-d’œuvre total. Toute une histoire est racontée, autour d’un personnage vivant et émouvant. Les premières mesures ont un tempo cadencé, accompagné par la voix nonchalante de Sting, et au bout d’une minute vient le cri du cœur. La performance vocale est puissante, appréciable sur quelques secondes a cappella. Les chœurs dans le refrain perfectionnent le tout, la batterie et la guitare sont toujours aussi impressionnantes. Tout est magnifique dans ce morceau. Autre exception notable : Be my girl, où les couplets sont parlés par le guitariste Andy Summers ; un morceau fort original et exceptionnel.

On peut donc reprocher à Outlandos d’amour un certain manque de consistance lyricale et des répétitions qui peuvent être irritantes, mais il reste un album expérimental intéressant. C’est un album dont la qualité est inférieure au talent du groupe. Pour apprécier The Police, il vaut certainement mieux écouter la compilation Every Breath You Take: The Singles (sortie en 1986), ou l’album Synchronicity (1983).

The Police - Outlandos d'amour (1978)

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Publié le par Inès
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Coucou ! Venez avec moi à Manchester en 1986, nous allons écouter les Smiths. Le groupe, formé en 1982 et séparé en 1987 n’a sorti que quatre albums. Le tour de leur œuvre est donc vite fait mais mérite d’être recommencé un million de fois, en réservant un millier d’écoutes à l’album The Queen Is Dead. Cet album a fêté ses trente ans la semaine dernière, le moment est donc idéal pour l’écouter, l’aimer, en parler et le réécouter.

En 1986, le groupe est composé de Morrissey, chanteur qui partage l’écriture des chansons avec le guitariste Johnny Marr, Mike Joyce menant le rythme à la batterie, et Andy Rourke à la basse. L’album est composé de dix morceaux et dure au total 37 minutes. La pochette de l’album, une photo de l’acteur français Alain Delon dans le film L’Insoumis (sorti en 1964), annonce les principales caractéristiques de l’album : il est intelligent, sobre, cultivé, mais aussi profond et poignant.

The Queen is Dead a quelque chose de froid et triste, parfois pathétique. Il sonne comme une antithèse des albums punk ou glam des années 1970 dans lesquels l’unique valeur véhiculée est la liberté. On est à des années lumières de la sexualité hyperactive et cocaïnée qu’ont pu raconter certains albums influents. Les paroles des Smiths concernent la solitude et un besoin d’y remédier en étant possédé plutôt qu’en possédant. Quand il ne traite pas de de vide amoureux et existentiel, l’album démontre l’absurdité du monde entier en passant par les pasteurs, la célébrité, la mort. Si on s’attarde sur les paroles, on a de quoi réfléchir énormément, et elles ne seraient pas aussi impressionnantes sans la voix atypique et puissante de Morrissey, et les mélodies perfectionnistes qui l’accompagnent.

Le premier morceau, du même titre que l’album, est un concentré de toutes les qualités du groupe. Le message est clair, comme un sommaire: we can talk about precious things, Like love and law and poverty, These are the things that kill me. Finalement, un message est introduit : Life is very long when you’re lonely, puis Morrissey disparait. Pendant deux minutes, il n’y a que les musiciens, dans une énergie extrêmement propre et soignée. Au bout de 6 minutes 27, on est déjà amoureux(se). Puis l’enchaînement des chansons exprime toujours une émotion profonde. C’est à la troisième piste : I Know it’s Over, que l’album atteint le point culminant du désespoir. C’est une chanson d’une pureté extraordinaire, dont le rythme est dominé par la guitare de Johnny Marr puis rendu encore plus poignant à la moitié de la chanson lorsque la basse gagne en puissance. Cette poésie douloureuse continue dans Never had no one ever, ponctuée par les percussions et les chœurs. Morrissey chante avec une puissance angoissante des vérités sur l’amour qui n’ont rien à voir avec les chansons d’amour possessives auxquelles on peut s’habituer. On a là l’aspect égoïste des relations humaines, l’orgueil touché, l’existence questionnée par rapport aux autres. Au fil des dix morceaux, l’album garde constamment son esprit désespérant. Quand une touche de légèreté est ajoutée par la mélodie, elle est contradictoire car jamais on ne parle de bonheur. Dans Cemetery Gates, c’est bien d’un cimetière que l’on parle, mais il devient un lieu presque festif. Toute cette atmosphère est travaillée en subtilités impressionnantes et émouvantes. Parmi elles : la flûte jouée par Johnny Marr dans le morceau There is a light that never goes out.

Finalement, c’est un album majestueux, riche de sens, et vraiment puissant. Donc j’en profite pour remercier mon copain Ronan de m’avoir envoyé il y a quelques mois le message « Je t’ai déjà dit d’écouter les Smiths ? ».

The Smiths - The Queen is Dead (1986)

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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Salut les copains ! Après un week-end passé à boire trop de bières avec Michel et d’autres personnes fort sympathiques, j’ai envie de vous parler de l’un de mes albums préférés : Pearl de Janis Joplin. C’est son quatrième album, son meilleur album, et le plus connu. C’est évidemment le plus triste puisqu’il est sorti le 11 janvier 1971, trois mois après le décès de la belle Janis. D’une certaine manière, Pearl marque la fin d’une époque qui en inspira une autre. On quitte violemment le blues rock pur et froid pour laisser place petit à petit au glam rock des années 70.

L’album dure 35 minutes, pour dix morceaux (si on ne compte pas les quatre enregistrements live intégrés en bonus dans la réédition de 1999). Janis y est accompagnée pour la première et la dernière fois par le Full Tilt Boogie, composé de quatre musiciens : John Till à la guitare, Brad Campbell à la basse, Clark Pierson au piano et Ken Pearson aux claviers. Mise à part la tristesse due au contexte de production de l’album, c’est objectivement un album d’une très grande qualité due à son éclectisme, son authenticité et son intelligence lyricale.

C’est un album d’amour et d’espoir extraordinairement pur et honnête. Dans ses paroles, Janis ne s’invente pas, elle se livre. Elle arrive étonnamment à exprimer une tristesse immense sur des mélodies qui font du bien; des mélodies joyeuses que l’on doit à un groupe très présent sur de longues mesures instrumentales comme dans Move Over et Half Moon. Rien n’est stable dans cet album, et tout est poignant. Même lorsque Janis disparaît et que le groupe se retrouve abandonné sur Buried alive in the blues, sans paroles mais avec la même mélancolie et un grand intérêt musical. C’est vraiment beau d’entendre comme le piano rencontre la guitare et comme tout s’enchaîne.

Le plus remarquable chez Janis Joplin reste toutefois sa capacité à réaliser des performances vocales puissantes. C’est dans Cry Baby que cela se comprend le mieux. Sur les quatre minutes de ce morceau, on entend tous les effets possibles de sa voix : quand elle se casse, quand elle hurle, quand elle murmure. C’est une incitation à la crise de larmes, c’est formidable. Et ça continue avec Me and Bobby McGee, sûrement le morceau le plus triste de l’album.

Janis est en permanence partagée entre douceur et puissance, entre psychédélisme et blues. Tout ce qu’elle fait est authentique et poignant.

Je profite de ce moment pour vous prodiguer un conseil que vous ne regretterez jamais d’avoir suivi : regardez le film Janis : Little Girl Blue, réalisé par Amy J. Berg et sorti en France en janvier dernier. C’est un très beau documentaire, fruit d’un énorme travail de recherche. Le montage à partir d’images d’archives est formidable, les témoignages sont évidemment intéressants. C’est une merveille qui m’a fait comprendre quelle personne formidable était Janis Joplin.

Janis Joplin - Pearl (1971)

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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Hello ! Après deux semaines, je suis de retour. Pour ce quatrième article, j’hésitais entre vous parler de Janis Joplin, The Cure ou The Smiths. Finalement, mes hésitations ont pris fin grâce à une apparition lumineuse nommée Christophe. Pas le chanteur hein, mais un lecteur, à qui je n’ai pas eu la chance de parler directement, mais qui a demandé une chronique sur un album du grand Hubert-Félix Thiéfaine. Les désirs de ceux qui nous lisent sont des ordres, et celui-ci sera exécuté avec plaisir. Soit dit en passant, vos demandes (ok, il n’y en a eu qu’une) et vos commentaires me font toujours très plaisir. Et du coup je suis encore toute heureuse que Michel m’ait proposé d’écrire sur son blog.

Excusez-moi pour cet instant-émotion, on peut maintenant parler de choses sérieuses, parlons de Dernières Balises (avant mutation). Selon moi (et selon ma mère, donc c’est infaillible), c’est son meilleur album. Il est sorti en juin 1981, faisant suite à trois autres albums. Il est composé de 10 titres pour une durée totale de 37 minutes.

Le titre de l’album annonce une atmosphère apocalyptique, comme s’il avait été écrit dans 200 ans, sur les poussières de notre monde. Sa pochette, dans le même esprit, est un chef-d’œuvre de provocation perverse terriblement sombre et incontestablement orignal. Cet album est un concentré d’obscurité, on se croirait dans un cimetière où toutes les tombes seraient ouvertes.

Tout commence avec 113ème cigarette sans dormir, avec son rythme addictif mené par les percussions et les basses. Tout est dingue dans ce morceau, et ce n’est que le début. Vient ensuite le fameux Narcisse 81, complètement dingue aussi. Cette fois, c’est la guitare qui l’emporte. L’humanité décrite à travers Narcisse est pleine de désespoir, les paroles s’enchaînent à merveille, rien n’est laissé au hasard, c’est complètement fou.

C’est tout de même assez difficile à saisir. Quand j’écoute Thiéfaine, je ne sais pas si j’ai envie de danser ou d’ouvrir un dictionnaire pour vraiment comprendre ce qu’il essaie de communiquer. On a un peu de répit avec Mathématiques sous-terraines, une chanson douce pour se reposer de la guerre déclarée dans les deux premières, une chanson pour chialer. Puis l’album continue dans sa tension morbide, ça a quelque chose d’unique et exceptionnel. C’est une boîte à bijoux où des araignées ont tissé leurs toiles. On va de la comptine mortuaire Scènes de paniques tranquilles au tango maladif Exil sur planète fantôme, c’est vraiment poignant, presque gênant.

En plus de la voix transcendante d’HFT et ses paroles improbables, l’album offre l’écoute d’une variété de rythmes et d’instruments. C’est magnifique tant c’est travaillé et bien accordé.

Hubert-Félix Thiéfaine - Dernières balises (avant mutation) 1981

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Publié le par Inès
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Salut les copains, c’est Inès ! Aujourd’hui, grand voyage spatio-temporel, nous quittons l’Amérique de 1967 pour nous retrouver en France en 1997. Je vous le promets, on ne dépassera jamais l’an 2000 ; je laisse ces trucs de jeunes à Michel.

Je vais vous parler du groupe Louise Attaque et de son premier album (au même nom que le groupe). C’est un album très différent sur les plans intrumental et rythmique par rapport à ceux que j’ai présentés précédemment mais c’est un album que j’aime beaucoup, dont plusieurs titres sont devenus cultes et le méritent.

S’il y avait un mot pour décrire cet album, ce serait : sympathique ; puisqu’il est vraiment agréable sans être trop compliqué ni angoissant. Ce n’est pas un album sombre, même s’il garde une part de mystère et peut soulever des questionnements. On peut écouter Louise Attaque pour faire la fête, on peut chanter Louise Attaque à tue-tête, on ne pleure pas sur Louise Attaque, on n’a pas envie de se suicider sur Louise Attaque (je l’espère). Cette jovialité n’exclue pas l’intérêt et la subtilité des paroles écrites par Gaëtan Roussel, accompagnées par le bassiste Robin Feix, le batteur Alexandre Marcraff et surtout, celui qui donne à l’album sa plus grande part d’originalité : le violoniste Arnaud Samuel.

L’album est partagé entre une nonchalance intéressante comme dans les morceaux « Amours » et « Vous avez l’heure » qui semblent tourner en dérision quelques misères vitales ; et d’autres textes plus émouvants. Il se passe quelque chose de très puissant quand dans « Arrache-moi » le violon s’emporte après la phrase « Arrache-moi le cœur que je ne puisse plus avoir peur ». C’est transcendant et vraiment génial. On garde la même profondeur dans le morceau « Cracher nos souhaits ». Un morceau plein de désespoir mais non, on n’a toujours pas envie de pleurer, plutôt de hurler, ou de retourner trois morceaux plus tôt pour danser sur « Fatigante ».

Louise Attaque rappelle que tout ce qui est aimé n’est pas parfait, et que tout ça n’est pas si sérieux que ça en a l’air. Finalement c’est un album très stimulant et positif, qui fait du bien.

Je vous laisse là-dessus et je pars en Italie pour dix jours. N’oubliez pas d’écouter le nouvel album d’Eric – Dieu – Clapton.

Ciao !

LOUISE ATTAQUE - Louise Attaque (1997)

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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Salut, c’est Inès ! Je suis de retour, mais toujours bloquée en 1967.

Avant tout, je voudrais remercier ceux qui ont partagé des commentaires encourageants concernant mon premier article. J’en ai été vraiment très touchée.

Aujourd’hui, nous tendrons nos oreilles vers l’album Strange Days du groupe The Doors. C’est un album que j’écoute rarement et un groupe que je connais beaucoup moins bien que celui dont je vous ai parlé la semaine dernière. J’essaierai quand même d’en donner une description intéressante qui vous donnera envie de l’écouter ou le réécouter.

Strange Days est le deuxième album des Doors, sorti en 1967. C’est un album de 35 minutes pour 10 titres, sauf si vous écoutez comme moi la réédition sortie en 2006, qui comprend deux bonus.

Dans l’ensemble c’est un album au rythme régulier, que j’ai trouvé assez plat et incompréhensible à la première écoute. Mais après plusieurs tentatives, il est devenu très étonnant, alors, pardonnez le blasphème de la phrase précédente. Il y a quelque chose de fort dans la voix et la poésie de Jim Morrison ; quelque chose qui ne doit surtout pas nous faire négliger l’énergie créée par Robby Krieger à la guitare, John Densmore à la batterie, et Ray Manzarek au piano basse.

La plupart des morceaux dégagent une certaine angoisse, un mélange de certitude et d’espoir qui finalement se transforme en résignation. Même lorsque l’on se détend avec Love me two times, tout finit par s’envoler dans une panique terrible. C’est tellement prenant qu’on a l’impression de perdre pied. Cette panique est exprimée aussi dans You’re lost little girl. La petite fille est perdue, elle ne peut rien y faire, et ne doit de toute façon rien y faire mais elle a des raisons d’être énervée ; contre elle-même, contre le monde. Les paroles sont souvent simples mais expriment beaucoup. Et c’est L’évolution des sonorités qui complexifie chaque morceau. C’est un enchaînement de décadences, comme dans People are strange dont les 20 premières secondes sont faites d’une mélodie légère qui laissent place à quelque chose d’ultra puissant, angoissant et rassurant à la fois.

Le morceau le plus intéressant est très certainement celui qui est aussi le plus long : When the music’s over ; 11 minutes psychédéliques qui clôturent l’album et le résument avec deux citations importantes : "Music is your only friend, until the end" et "We want the world, and we want it now”.

A presque tous les morceaux, c’est à Ray Manzarek que je vouais la plus grande admiration. Sa contribution aux mélodies est explicite et crée une ambiance parfois aquatique, si le mot est permis.

Finalement, c’est un album sombre, très intime, une sorte d’implosion. Il faut pénétrer cet album, s’en laisser submerger pour comprendre pourquoi Jim Morrison a atteint le rang d’icône.

Je vous remercie pour cette seconde lecture. J’essaierai de revenir très vite avec un groupe français, pour changer ! A+

The Doors - Strange Days

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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Me voilà ! Moi, Inès. J’aurai ici la mission spéciale de parler de la passion que j’ai pour le rock et de ses classiques, ceux que je connais ou qu’il me reste à découvrir.

Avant de commencer cette aventure, il est important que nous fassions connaissance.

Tout d’abord, sachez que vous connaîtrez sûrement mieux que moi ce dont je vous parlerai puisque je n’ai pas grandi avec ces merveilles ; elles étaient vieilles bien avant que je ne sois en âge d’écrire ici. Je suis née en 1996, vingt-sept ans après le premier voyage dans l’espace du Major Tom. J’ai commencé à apprécier le rock à l’âge de 15 ans. Mon âge sera donc la preuve que le rock, lui, n’en a pas; qu’il est intergénérationnel et universel. J’essaierai de vous parler de la musique comme je l’aime, comme un médicament, un trésor, une liberté et un combat.

Je ne suis spécialiste de rien, mais passionnée. J’aime par-dessus tout David Bowie dont j’essaierai difficilement de vous parler avec objectivité, le Velvet Underground à qui je pense que l’on doit beaucoup, Janis Joplin qui est une source inépuisable de réconfort, Hubert-Félix Thiéfaine dont j’espère chroniquer un album qui fêtera ses 20 ans comme moi en octobre (c’est important), et Jacques Brel qui restera hors-champ mais ne pouvait pas rester totalement caché.

Les présentations sont faites. Maintenant, parlons musique et commençons par un album formidable : The Velvet Underground and Nico, premier album du groupe, produit par Andy Warhol, sorti en 1967.

Je vais essayer d’expliquer pourquoi il est pour moi le meilleur album jamais enregistré et de vous en convaincre.

L’album commence à sa pochette, simple et subtile. On capte déjà une ambiance libre dont les possibilités d’interprétation sont vastes. Lancez la lecture du disque et vous entendrez Sunday Morning. Jusqu’ici tout va bien mais tout n’est pas normal. C’est éternellement nouveau et unique. La mélodie oscille entre dynamisme palpitant et calme reposant. Après ce réveil en douceur, on est confronté à I’m waiting for the man. C’est tout à coup plus violent, dans le rythme comme les paroles. Comme si cette même personne qui s'était réveillée un dimanche matin dans la sérénité se retrouvait confrontée à la férocité du monde qui l’appelait. Et cette personne se retrouve plus tard affaiblie par une Femme Fatale. L’ensemble des morceaux est un mélange des genres introduits dans les trois premiers : tantôt lent et mélodieux dans des tendances folks, tantôt agressif dans un psychédélisme innovant. Les matériaux sont adaptés aux paroles. Il est donc très approprié d’entendre des assiettes se casser dans European Son après avoir été reposé par la voix claire de Nico dans I’ll be your mirror. On trouve là un mélange de douceur et de violence, une expression brute de l’existence de chacun. Et c’est beau. Le Velvet Underground lie des éléments pour en créer de nouveaux et improbables. En 1967, c’était fort. Et aujourd’hui, ça représente beaucoup.

Je lui donne la note exceptionnelle et peut-être abusive de 10/10.

Je vous remercie pour cette première lecture. Je promets pour les prochaines chroniques de faire moins long. J’espère vous avoir rappelé, si vous l’aviez oublié, que le Velvet Underground peut vous aider si vous en avez besoin.

J’attends vos commentaires. A bientôt !

Présentation d'Inès et album à la banane.

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