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Publié le par Inès
Publié dans : #Inèstardust

Aujourd’hui, nous allons écouter The Police, groupe primordial des années 80, formé en 1977 et séparé en 1984 (faisons abstraction des quelques reformations peu fructueuses). Dans l’idée de réconcilier certaines personnes avec ce trio et avec la new wave en général, j’ai voulu vérifier ma capacité à prouver qu’Outlandos d’Amour est un album génial. Et en l’écoutant bien attentivement, je me suis rendu compte que c’était un petit peu compliqué.

L’album n’est pas le meilleur du groupe (en réalité, toute hiérarchisation est subjective), mais c’est le premier et c’est important.

Outlandos d’Amour est marqué par deux spécificités : une instrumentalisation expérimentale et transcendante, et par ailleurs des paroles peu travaillées et très simples. Cette qualité et ce défaut sont constants, l’un atténuant l’autre dans la plupart des morceaux.

Tout au long de l’album, la batterie de Stewart Copeland mène des rythmes addictifs et puissants. Les inspirations pop sont sensibles dès le premier morceau : Next to you. Dans la suite de l’album, d’autres genres se rencontrent, créant quelque chose d’inédit. On ressent dans le classique Can’t stand losing you une influence reggae, puis du rock pur suivi de sonorités ambient.

Malgré cette construction musicale variée, une certaine uniformité est créée par les paroles. Elles concernent des thèmes assez profonds tels que l’amour, la folie et la solitude. C’est très joli, mais l’écriture est si peu développée que l’intérêt de l’album est limité. Les thèmes sont exprimés dans des textes abstraits et les refrains répétitifs (trop répétitifs) monopolisent les morceaux, qui s’enchaînent dans leur répétitivité lassante.

Il faut tout de même noter que des exceptions relèvent le niveau des paroles de l’album et l’accorde à la qualité instrumentale. Parmi ces exceptions : Roxanne, le chef-d’œuvre total. Toute une histoire est racontée, autour d’un personnage vivant et émouvant. Les premières mesures ont un tempo cadencé, accompagné par la voix nonchalante de Sting, et au bout d’une minute vient le cri du cœur. La performance vocale est puissante, appréciable sur quelques secondes a cappella. Les chœurs dans le refrain perfectionnent le tout, la batterie et la guitare sont toujours aussi impressionnantes. Tout est magnifique dans ce morceau. Autre exception notable : Be my girl, où les couplets sont parlés par le guitariste Andy Summers ; un morceau fort original et exceptionnel.

On peut donc reprocher à Outlandos d’amour un certain manque de consistance lyricale et des répétitions qui peuvent être irritantes, mais il reste un album expérimental intéressant. C’est un album dont la qualité est inférieure au talent du groupe. Pour apprécier The Police, il vaut certainement mieux écouter la compilation Every Breath You Take: The Singles (sortie en 1986), ou l’album Synchronicity (1983).

The Police - Outlandos d'amour (1978)

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Léonard Sanchez 30/06/2016 23:15

à noter qu'au début de Roxane, on entends des notes étranges de piano ainsi que le rire de Sting. Ce dernier au moment d'enregistrer la voix, s'est assis sur le clavier et ça l'a bien fait marrer. Ils ont décidés de garder cette séquence. Je suis pas sûr qu'aujourd'hui, des producteurs prennent ce drôle de risque (qui à l'époque n'en n'était pas un, juste de la bonne humeur !).

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